Interview
Neymar, l’arbitrage, le Real, l’avenir d’Emery….Henrique fait le point !

Pas vraiment bavard auprès des médias, Antero Henrique a accordé un entretien au quotidien L’Equipe. Le directeur sportif du PSG s’est exprimé sur de nombreux sujets, de la blessure de Neymar jusqu’à l’arbitre en Ligue des Champions, en passant par l’image du club de la capitale. Voici ses propos en intégralité.

La blessure et l’importance de Neymar

« Ce n’est évidemment pas quelque chose de positif. Sur le terrain, c’est le meilleur joueur du monde, il nous aide de manière fantastique. Mais Neymar peut aussi nous aider de l’extérieur. Par son esprit, sa relation avec les autres joueurs, le staff, les supporters, l’entourage du club. Même s’il ne peut pas jouer (contre le Realmardi), on sent que Neymar est là. Il a déjà envoyé beaucoup de messages d’encouragement. Apprendre à vivre sans lui ? (Il coupe.) Ce n’est pas une blessure très, très grave. C’est une blessure classique du foot, il peut courir. Ce n’est pas un cauchemar. Il va simplement être absent pendant une période. Une blessure qui arrive au mauvais moment avant le Real ? On préfère jouer avec le meilleur joueur du monde que sans, c’est logique. Il n’est pas là mais il est là. Pour moi, c’est très important. Neymar est le leader de l’équipe mais ses partenaires vont tout donner pour lui, pour le club. (…) Avec Neymar, on a un autre niveau. Des joueurs comme Neymar, Mbappé, Verratti, Cavani élèvent le niveau du club mais aussi du Championnat. Je préfère avoir Neymar au PSG, en France. Si toutes les stars évoluent dans le même Championnat, c’est un peu injuste pour les autres. Le regard du monde sur le PSG a changé ? Je parle du sportif parce que c’est la question centrale. Mais Neymar, c’est une marque incroyable, et le reste suit évidemment. Si Neymar vient au PSG, ça signifie que le PSG a un niveau digne de Neymar. Ça veut dire qu’on a un projet susceptible d’attirer les meilleurs joueurs, et donc convaincant sur notre capacité à atteindre le top niveau. (…) Neymar est très important mais, si on regarde l’équipe, on s’aperçoit qu’on a d’autres joueurs de tout premier plan. Le niveau de l’équipe est très élevé. Jusqu’à présent, on réalise une saison magnifique. La priorité du président Nasser al-Khelaïfi est de hausser le club et la marque PSG au niveau des premières marques de sport du monde. Et pour ça, on a besoin des meilleurs. Le PSG en fait partie ? Oui. Je n’ai pas de données pour vous le démontrer précisément mais je sens qu’on est très haut. Et on ne veut pas s’arrêter là»

Neymar est-il au-dessus du PSG ?

« (Ferme.) Non, pas du tout. Le PSG est au-dessus de tous les joueurs, des dirigeants. On est tous sur la même ligne. Les responsabilités sont différentes mais il n’y a pas de hiérarchie dans le foot. Neymar est un joueur comme les autres. Il est le leader sur le terrain, évidemment, mais les joueurs qui sont ici depuis cinq ou six ans ont beaucoup d’importance, ce sont des exemples pour les jeunes. Comme les Rabiot, Kimpembe, Areola, ils sont très importants. Pour revenir à la blessure de Neymar, on a discuté tous ensemble avec les médecins du PSG et de la Seleçao, sa famille, etc. Quelquefois, on peut ne pas être d’accord. Mais là, le plus important était sa santé. C’est pour ça qu’on a pris cette décision : on veut le meilleur pour nos joueurs, pas seulement pour Neymar. Quand on parle de la santé, il n’y a pas que l’aspect professionnel. Il y a le personnel, l’émotionnel. C’est pour ça que la famille, les proches sont très importants. (…) Notre première décision a été de nous laisser trois jours pour voir l’évolution. Au bout de cette période, on a pris la décision de l’opérer, rien de plus. L’opinion des médecins et de Neymar était importante. Il n’y avait aucun débat. Ce ne sont pas de grosses blessures mais elles sont très sensibles.»

Les rumeurs sur l’avenir de Neymar

« Demandez-lui ! (Sourire.) Je comprends très bien pourquoi ce débat arrive maintenant. Les Espagnols ne sont pas comme les Français. Ils sont contre le PSG. Pour eux, on est désormais des adversaires. Les journalistes espagnols ont interrogé des gens qui disent que Neymar ne serait pas heureux, bon… Vous avez demandé à Cristiano Ronaldo s’il est heureux à Madrid ? Ça n’a pas empêché les Espagnols de parler de Neymar ! Évidemment que Neymar restera à Paris la saison prochaine. Son père l’a dit il y a deux ou trois jours : il est heureux à Paris. Son projet est de rester. Il est là pour ça : jouer, mettre des buts. Peut-on le retenir malgré lui ? La question n’est pas là. On a besoin de personnes qui sont bien. Mais c’est pareil pour tous les joueurs. Les sifflets (contre Dijon, pour n’avoir pas laissé Cavani tirer un penalty) ? C’est arrivé une fois. En dehors de ça, les supporters du PSG sont toujours derrière nous. »

Le PSG trop discret face aux polémiques ?

« La communication, dans le foot, c’est pour les joueurs et les entraîneurs. C’est mon point de vue. Si on a besoin de parler, on parle. Mais on ne va pas réagir à des rumeurs. On parle quand c’est important. Quels dirigeants parlent en Angleterre ? Ils parlent pour défendre leurs droits, leurs intérêts, dans les réunions, pas dans les médias. Je préfère travailler. Et si j’ai besoin de parler pour travailler, pas de problème. Le penaltygate ? Pour moi, que deux, trois ou cinq joueurs souhaitent marquer un penalty, c’est magnifique. Je préfère ça que les voir tourner le dos. Cela veut dire qu’ils ont l’ambition de le faire. C’est comme quand il y a deux personnes pour une chaise, il y en a une qui va rester debout, c’est pareil. C’est la logique. C’est ça la compétition. »

Le match face au Real et l’arbitrage en LDC

« C’est l’événement que l’on espère tous. Et pas seulement pour le jeu. Tout le monde voulait ce match. On est tous très motivés : les supporters, l’équipe, les médias. C’est un événement très important pour Paris, pour la ville aussi. Ensemble on va le faire. Pas seulement les joueurs, le staff technique ou les supporters. Je veux tout le monde autour du PSG. On a lancé une campagne, tout le monde en ville avec le maillot, les drapeaux. C’est intéressant de voir la capacité de la ville à se mobiliser autour du PSG. (…) Le PSG aujourd’hui, c’est le club de France. Il n’y a pas un autre club en France avec le même profil. C’est normal que les supporters aiment d’autres équipes mais quand on en a une qui représente la France, comme Monaco la saison passée (demi-finales de C 1), c’est comme une équipe nationale. Aujourd’hui, nous sommes une équipe nationale. On a besoin de millions de supporters. Au Parc, on sent l’énergie, l’ambition des supporters. Je suis très optimiste pour mardi, on aura un Parc d’énergie. Ce sera une expérience incroyable pour tout le monde. (…) On peut dire : on veut gagner la Ligue des champions, oui, mais ce sont des phrases sans importance. L’important, c’est de donner chaque jour, à chaque match, son meilleur. Le match contre le Real est très important, bien sûr. La C 1, c’est important pour tout le monde. Mais ce ne sera pas la fin. C’est une rencontre comme il y en a eu et comme il y en aura beaucoup d’autres dans notre histoire. Une élimination serait un échec ? Je veux parler de choses positives. On est très motivés, on est tous ensemble pour le faire (éliminer le Real). C’est notre mot d’ordre. On sait qu’on a bien joué à Madrid, on a démontré notre capacité à rivaliser avec les meilleurs parce qu’on fait partie des meilleurs. Si vous demandez si on a les qualités pour éliminer le Real, oui, on les a. Si vous me demandez ce qui va se passer, ça dépend de beaucoup de paramètres. Regardez le match à Madrid. Ce n’était pas seulement les joueurs contre les joueurs. Il y a eu beaucoup d’influences de l’extérieur et qui sont éloignées de la vérité du match. (Il fait allusion à l’arbitrage.) Je ne veux pas en rajouter car je ne veux pas qu’on prenne ça comme une excuse. Mais tout le monde l’a senti. Pour moi, c’est un manque de respect pour Paris, pour la France. Ce n’est pas seulement ce match, la saison dernière c’était la même chose (lors de la défaite 1-6 à Barcelone, émaillée de plusieurs décisions défavorables).C’est une question importante : pourquoi cela arrive ? Pourquoi autant de fois ? Avant la rencontre, tout le monde disait : c’est le match de la saison. Alors on a besoin d’un des meilleurs arbitres. Là, on a un arbitre de quarante-quatre ans, sans grande expérience (l’Italien M. Rocchià l’aller).Il suffit de regarder les CV. Comment peser plus ? On veut avoir un arbitrage d’un niveau exceptionnel puisque les deux équipes sont d’un niveau exceptionnel. C’est simplement ça qu’on demande. Je m’interroge si les arbitres sont correctement préparés pour travailler au niveau actuel, qui est très élevé. Les gens parlent de beaucoup de choses, de nos capacités, mais au final qu’est-ce qui fait la différence ? Je constate que ça nous est arrivé deux fois… »

Le fair-play financier, une vraie menace ?

« Non, pas du tout. Le fair-play est une règle mais on est tranquilles avec. C’est plus une question à l’extérieur qu’à l’intérieur du club. On est en mars et on a jusqu’à fin juin. Il n’y a pas de préoccupations. On a vendu Lucas ? Oui, pour 28 millions d’euros. Après, ce n’est pas qu’une question de vente de joueurs. Aujourd’hui, le niveau du club est extraordinaire. Le côté commercial aussi, il y a beaucoup de revenus. Le club est à un autre niveau. Il monte. Tout est organisé. On sera dans les clous au 30 juin. »

L’avenir d’Unai Emery

« Ce n’est pas un sujet pour maintenant. On a décidé ensemble, lui et moi, de parler de ça à la fin de la saison. Il a beaucoup d’amour pour Paris. (sourire) On discutera. »

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