Le PSG est mal barré dans son (long) combat avec Mbappé

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Lundi, les avocats du PSG et de Kylian Mbappé se sont affrontés au conseil des prud’hommes de Paris. Les deux camps réclament des sommes énormes dans un conflit qui risque de durer. Et qui pourrait ne pas aller dans le sens du club parisien.

Kylian Mbappé avec le PSG (PSG.FR)
Kylian Mbappé avec le PSG (PSG.FR)

« C’est un dossier hors norme, comme il y en a peut-être un tous les dix ans. » Voilà comment un avocat spécialisé en droit du travail décrit l’actuel conflit qui oppose Kylian Mbappé et le PSG. Au sein d’une audience de plusieurs heures, les avocats des deux camps se sont affrontés lundi au conseil des prud’hommes de Paris. L’attaquant du Real Madrid réclame environ 260ME à son ancien club, quand le PSG en demande presque le double. En attendant la décision finale qui sera rendue le 16 septembre, cette affaire est analysée par l’avocat Me Antoine Sappin.

Mbappé en position de force ?

Spécialisé en droit du travail, Me Antoine Sappin ne semble pas très optimiste pour le PSG. Surtout en ce qui concerne les trois mois de salaire impayés. « Vouloir le faire condamner (Mbappé) à verser 180 M€ pour la « perte de chance de réaliser un transfert », c’est oublier qu’en droit social, il faut formaliser les choses avec des documents contractuels, ou a minima être en mesure de produire des courriers, des e-mails… À partir du moment où le joueur était libre de s’engager pour un autre club, en quoi le PSG a-t-il perdu cette chance ? Kylian Mbappé a juste respecté son contrat », a expliqué l’avocat pour L’Equipe, avant de s’exprimer sur les sommes auxquelles aurait renoncé Mbappé au moment de prolonger son contrat au PSG.

« Il ne semble pas, précisément, qu’il y ait eu un avenant à son contrat ou même un courrier à ce sujet. Le PSG aurait dû dire à Mbappé : « Tu t’es engagé à renoncer à ces primes, on va le formaliser tranquillement ». Là, le club estime qu’il n’a pas respecté son engagement et n’a donc pas voulu le payer. Cela peut s’apparenter à une sanction pécuniaire et c’est interdit en droit du travail », a assuré Me Antoine Sappin.

« De plus, il est indéniable qu’il a travaillé en avril, mai et juin 2024 », a poursuivi l’avocat. « Il était pleinement intégré à l’effectif, même s’il a moins joué. Il y a clairement un risque que le PSG soit condamné sur ce point. En revanche, la demande de requalification de son CDD en CDI paraît plus incertaine. Quant à son passage dans le « loft », il n’a pas été très long (trois semaines, à l’été 2023) et le joueur a été réintégré dans l’effectif. »

Un conflit qui risque de durer…

Si on fait un petit bilan, il y a de fortes chances que le PSG soit obligé de verser les 55ME correspondant aux salaires et primes des mois d’avril, mai et juin 2024. Pour le reste, c’est le conseil des prud’hommes de Paris qui tranchera. Si une majorité ne se dégage pas parmi les quatre juges lors du jugement, l’affaire sera renvoyée devant le juge départiteur. « Et là, le délai moyen à Paris, avant le jugement, c’est de quinze mois… », a indiqué Me Antoine Sappin. Autant dire que ce conflit risque de durer encore longtemps, et davantage si l’un des deux camps se manifeste devant la Cour d’appel de Paris.